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Mercredi 19 décembre 2007

Les semaines passent au Moyen-Orient et la question du nucléaire iranien continu d’agiter les diplomaties du monde.

Pour certains, les semaines passent sans aucun doute, mais surtout le temps presse. C’est l’avis bien sûr d’Israël, des Etats-Unis mais aussi de la France. Lors de ses différentes rencontres à Moscou, Paris puis Londres ces dernières semaines, Ehoud Olmert a porté le même message à ses interlocuteurs : l’Iran doit être sanctionné encore plus gravement car Mahmoud Ahmadinejad refuse de mettre fin à son enrichissement d’uranium.

On peut bien sûr envisager de nouvelles sanctions économiques. Mais il semble que pour Olmert, le fait que la Russie, la Chine et même l’Allemagne continuent à commercer avec Téhéran malgré les sanctions déjà existantes ait prouvé l’échec de telles mesures à suspendre le programme nucléaire iranien. L’éventualité d’un conflit militaire est désormais dans toutes les têtes, israéliennes, américaines, mais aussi françaises comme l’ont attesté les récentes déclarations de Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner à ce sujet.

Les prochains mois risquent donc d’être décisifs dans la mesure où il semble très improbable qu’une guerre soit entamée trop près dans le temps des élections américaines de l’hiver 2008/2009.

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Pour les Russes comme pour le directeur de l’Agence internationale de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) Mohamed El-Baradei, les semaines passent mais rien ne presse bien au contraire. El-Baradei, fier de son accord signé avec les Iraniens le 21 août dernier, assure qu’il faut faire confiance à Téhéran et lui laisser du temps. A Moscou, Vladimir Poutine continue lui à manier la carotte et le bâton face à Mahmoud Ahmadinejad. D’un côté, il affirme à qui veut l’entendre que l’Iran a droit à l’énergie nucléaire. Mais de l’autre, il a reporté une nouvelle fois, la semaine dernière, la signature d’un contrat capital avec l’Iran. Cet accord prévoyait la mise en activité définitive du réacteur nucléaire de Bushehr. Pour Poutine donc, l’Iran a droit au nucléaire civil, mais il est préférable que pour quelques années encore, l’Etat perse patiente encore.

 

Dans cette course contre la montre, quelle est la position de l’Iran ? C’est là que les bouleversements de ces derniers jours semblent être les plus intéressants. On a en effet appris le 20 octobre dernier que le négociateur iranien sur la question nucléaire, le fameux Ari Larijani, avait démissionné de son poste pour être remplacé par un certain Saïd Jalili, proche de Mahmoud Ahmadinejad. Un tel changement est loin d’être anecdotique. Il révèle que le président iranien a choisi la voie de la radicalisation et de l’affrontement.

Ari Larijani a toujours en effet été considéré comme un véritable diplomate, très exigeant certes, mais capable de trouver un compromis acceptable pour toutes les parties. Larijani serait ainsi favorable à ce que l’Iran poursuive le développement de son programme nucléaire, mais sans néanmoins produire concrètement une bombe atomique.

 

Crainte israélo-américaine d’un côté, attentisme russe de l’autre face à un Iran en proie à la radicalisation ; les prochaines semaines nous diront comme évoluera cette délicate et si dangereuse question nucléaire.

SN, 25 octobre 2007

RETROUVEZ MA CHRONIQUE HEBDOMADAIRE SUR LE MOYEN-ORIENT TOUS LES JEUDIS A 14H SUR RADIO J (94.8 FM).

par stevenadjar publié dans : Nucléaire iranaien
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Mercredi 19 décembre 2007

Qui peut dire aujourd’hui si le sommet d’Annapolis constitue le point de départ d’un processus qui apporterait la paix au Proche-Orient ? Probablement personne dans la mesure où le chemin qui mène à la paix est toujours semé d’embûches, qu’elles s’appellent Hamas, Ahmadinejad, ou plus modestement Lieberman. Néanmoins cette conférence a permis de réaliser quelques avancées notables.

En ce qui concerne les négociations israélo-palestiniennes, Ehoud Olmert comme Mahmoud Abbas ont fait les compromis nécessaires pour que chacun d’entre eux puisse rentrer dans son pays avec quelques succès en poche. Le président palestinien a ainsi obtenu que la déclaration commune prenne en compte deux de ses plus importantes exigences :

1)    Un échéancier : les négociations doivent prendre fin dans un an.

2)     La constitution d’un mécanisme de supervision, dirigé par les Américains, et qui jugera du respect par chacune des parties de ses obligations.

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Abbas apparaît donc comme le grand vainqueur de ce sommet, une victoire qu’il lui était vital de remporter quand on connaît ses difficultés à faire face au Hamas. Et si l’on ajoute à cela la récente décision israélienne de relâcher 400 prisonniers et les aides financières dont l’Autorité palestinienne va bénéficier grâce à la Conférence de Paris du 17 décembre, on peut penser que M. Abbas a renforcé sa position sur la scène politique intérieure et qu’il a une chance de résister aux assauts du mouvement islamiste d’Ismaël Haniyeh.

Du côté israélien, Ehoud Olmert a démontré certains signes d’ouverture, tout en assurant l’essentiel.

Ainsi, il a fait preuve d’un certain courage politique en reconnaissant la souffrance du peuple palestinien, à côté de celle endurée par les Israéliens. Il a même accepté que la déclaration commune mette quasiment sur le même plan le terrorisme palestinien et la répression militaire israélienne, ce qui n’a pas manqué de lui valoir un certain nombre de reproches à son retour à Jérusalem. Toutefois, le premier ministre israélien est parvenu à imposer une de ses principales revendications : l’application d’un futur accord de paix restera conditionnée au respect par les Palestiniens de la Feuille de route. M. Abbas devra donc faire cesser par tous les moyens les attaques menées contre Israël.

 

Dans les relations internationales, le concept de « perception de la menace » est essentiel lorsque l’on veut comprendre les décisions des gouvernants. Si Ehoud Olmert a pris le risque de mettre en danger sa coalition gouvernementale en promettant de futures concessions, c’est parce qu’il perçoit une double menace pour son pays.

1)    La première c’est le risque de voir le Hamas prendre possession de la Cisjordanie. Si cela devait arriver, toutes les grandes villes d’Israël ne seraient plus qu’à quelques kilomètres des roquettes du Hamas. Il fallait donc, pour Olmert, renforcer la position de M. Abbas.

2)    La deuxième menace, c’est évidemment l’Iran. Mahmoud Ahmadinejad peut pour l’instant s’appuyer sur le Hamas, le Hezbollah et surtout la Syrie dans sa tentative de maîtrise totale de la région. Israël est donc dans l’obligation de trouver un accord au conflit qui l’oppose aux Palestiniens, afin de s’assurer le soutien explicite ou non des Etats arabes en cas de future opération contre l’Iran.

L’Iran, un pays tellement craint, qu’il permettra, peut-être un jour et bien involontairement, l’éclosion d’une véritable paix entre Israël et les Etats arabes sunnites.

                                                                                                                                  

SN, 25 octobre 2007

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par stevenadjar publié dans : Conflit israélo-palestinien
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Lundi 19 novembre 2007

 

Si la menace nucléaire iranienne est aujourd’hui sur toutes les lèvres, un autre pays d’Asie est en train de démontrer qu’il est probablement l’un des espaces géopolitiques les plus instables du globe. Cet Etat, c’est bien sûr le Pakistan où, depuis une dizaine de jours, son président-général Pervez Musharraf a instauré l’état d’urgence. La constitution est suspendue, les médias sont sous contrôle et plusieurs milliers de personnes dorment en prison. Comment en est-on arrivé là ?

Pervez Musharraf, chef d’état major des armées et président du Pakistan depuis son coup d’Etat d’octobre 1999, souhaitait conserver ses doubles fonctions, politique et militaire. Mais toute une partie de la population, emmenée par le président de la Cour Suprême, Iftikhar Mohammad Chaudhry, s’oppose à cette monopolisation du pouvoir.

Face à cette contestation, Musharraf prend donc 2 décisions :

1)    D’abord instaurer l’état d’urgence afin que la Cour Suprême soit empêchée d’invalider sa récente réélection à la tête de l’Etat.

 

2)    Ensuite, tenter de s’allier aux islamistes pakistanais.

Critiqué par la société civile, P. Musharraf n’a en effet pas cessé, depuis plusieurs années, de multiplier les compromis devant les islamistes et talibans pakistanais réfugiés dans les zones tribales du Nord-Ouest du pays, notamment au Waziristan. Mais au mois de juillet dernier, le président, poussé par les Américains et les Chinois, décide de lancer une brutale attaque contre la Mosquée Rouge, siège d’islamistes radicaux.

Cet épisode explique pourquoi Oussama Ben Laden a récemment qualifié Musharraf de « chef apostat » qu’il fallait assassiner. Depuis, le président pakistanais essaie de se rabibocher avec les islamistes. Il a ainsi relâché samedi dernier 28 prisonniers talibans.

 

Le problème de cette stratégie politique, c’est qu’elle entre en totale contradiction avec l’alliance qui lie le Pakistan et les Etats-Unis depuis le 11 Septembre 2001.

Depuis les attentats du Word Trade Center, Islamabad est en effet devenu le partenaire stratégique de Washington dans la lutte contre le terrorisme. Pays frontalier de l’Afghanistan, où 26.000 soldats de l’OTAN sont engagés, le Pakistan est aussi le territoire d’où sont partis tous les attentats terroristes importants depuis 2001.

Ce qui fait dire à certains que Georges Bush s’est trompé et que c’est le Pakistan, et non pas l’Irak, qui est le front central de la lutte contre le terrorisme. Depuis six ans, les Etats-Unis ont versé près de 7 milliards et demi d’euros à ce pays allié, sans toutefois avoir bénéficié en échange d’un véritable succès contre les islamistes.

 

Aujourd’hui, Condi Rice menace Pervez Musharraf de revenir sur ses aides mais cela semble très délicat pour deux raisons :

1)                     D’une part, dans l’hypothèse où Musharraf réussirait à se maintenir au pouvoir dans les prochaines semaines, il se pourrait que le pouvoir pakistanais soutienne davantage les islamistes et les talibans à la frontière pakistano-afghane, ce qui poserait évidemment d’énormes problèmes à la Maison Blanche.

 

2)                     D’autre part, dans le cas où Musharraf serait renversé, il se pourrait bien qu’il soit remplacé par un pouvoir anti-américain, voire même islamiste. Dans ce cas, la détention par un tel gouvernement de l’arme nucléaire constituerait un danger considérable.

 

On en déduit donc que les Etats-Unis, bien qu’hostile aux mesures anti-démocratiques et à la complaisance de Musharraf face aux islamistes, ne tenteront pas de le renverser en soutenant l’opposition pakistanaise.

Un dictateur allié est à leurs yeux plus maîtrisable qu’un président islamiste détenteur de l’arme nucléaire.

 

SN, 9 novembre 2007

 

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par stevenadjar publié dans : Pakistan
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Samedi 3 novembre 2007

Les semaines passent au Moyen-Orient et la question du nucléaire iranien continu d’agiter les diplomaties du monde.

Pour certains, les semaines passent sans aucun doute, mais surtout le temps presse. C’est l’avis bien sûr d’Israël, des Etats-Unis mais aussi de la France. Lors de ses différentes rencontres à Moscou, Paris puis Londres ces dernières semaines, Ehoud Olmert a porté le même message à ses interlocuteurs : l’Iran doit être sanctionné encore plus gravement car Mahmoud Ahmadinejad refuse de mettre fin à son enrichissement d’uranium.

On peut bien sûr envisager de nouvelles sanctions économiques. Mais il semble que pour Olmert, le fait que la Russie, la Chine et même l’Allemagne continuent à commercer avec Téhéran malgré les sanctions déjà existantes ait prouvé l’échec de telles mesures à suspendre le programme nucléaire iranien. L’éventualité d’un conflit militaire est désormais dans toutes les têtes, israéliennes, américaines, mais aussi françaises comme l’ont attesté les récentes déclarations de Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner à ce sujet.

Les prochains mois risquent donc d’être décisifs dans la mesure où il semble très improbable qu’une guerre soit entamée trop près dans le temps des élections américaines de l’hiver 2008/2009.

 

Pour les Russes comme pour le directeur de l’Agence internationale de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) Mohamed El-Baradei, les semaines passent mais rien ne presse bien au contraire. El-Baradei, fier de son accord signé avec les Iraniens le 21 août dernier, assure qu’il faut faire confiance à Téhéran et lui laisser du temps. A Moscou, Vladimir Poutine continue lui à manier la carotte et le bâton face à Mahmoud Ahmadinejad. D’un côté, il affirme à qui veut l’entendre que l’Iran a droit à l’énergie nucléaire. Mais de l’autre, il a reporté une nouvelle fois, la semaine dernière, la signature d’un contrat capital avec l’Iran. Cet accord prévoyait la mise en activité définitive du réacteur nucléaire de Bushehr. Pour Poutine donc, l’Iran a droit au nucléaire civil, mais il est préférable que pour quelques années encore, l’Etat perse patiente encore.

 

Dans cette course contre la montre, quelle est la position de l’Iran ? C’est là que les bouleversements de ces derniers jours semblent être les plus intéressants. On a en effet appris le 20 octobre dernier que le négociateur iranien sur la question nucléaire, le fameux Ari Larijani, avait démissionné de son poste pour être remplacé par un certain Saïd Jalili, proche de Mahmoud Ahmadinejad. Un tel changement est loin d’être anecdotique. Il révèle que le président iranien a choisi la voie de la radicalisation et de l’affrontement.

Ari Larijani a toujours en effet été considéré comme un véritable diplomate, très exigeant certes, mais capable de trouver un compromis acceptable pour toutes les parties. Larijani serait ainsi favorable à ce que l’Iran poursuive le développement de son programme nucléaire, mais sans néanmoins produire concrètement une bombe atomique.

 

Crainte israélo-américaine d’un côté, attentisme russe de l’autre face à un Iran en proie à la radicalisation ; les prochaines semaines nous diront comme évoluera cette délicate et si dangereuse question nucléaire.

par Steve Nadjar publié dans : Nucléaire iranaien
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Samedi 3 novembre 2007

« Si je ne suis pas pour moi, alors qui le sera ? Mais si je ne suis que pour moi, alors qui suis-je ? Et si ce n'est pas maintenant, alors quand ? ».

C'est par ces phrases, issus du texte juif du Traité des Pères, que débute le texte introductif au nouveau livre de l'Union des Etudiants juifs de France, Rwanda Pour un dialogue des mémoires.

 

Préfacé par le tout récent ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, ce recueil de 11 textes se présente comme l'aboutissement d'un long projet mené par l'UEJF depuis près de 2 ans maintenant.

 

L'objectif était à la fois simple et complexe : faire dialoguer les mémoires, celle de la Shoah et celle du génocide des Tutsis, lors d'un voyage au Rwanda organisé en janvier 2006, et ce justement afin de lutter contre la concurrence des mémoires, aussi ridicule que dangereuse.

 

Menée par des étudiants juifs et rwandais exilés en France, mais aussi par des personnalités telles que Christiane Taubira, Frédéric Encel ou encore Richard Prasquier, cette expérience inédite a permis de se recueillir, de dialoguer et aussi de comprendre.

Comprendre le génocide, ses origines, mais aussi la mémoire très vive dont il est encore l'objet 13 ans après.

 

Ce livre, publié chez Albin Michel au prix de 16 euros, se distingue par sa clarté, par la manière dont il réussit parfois à nous communiquer l'émotion des participants.

C'est également un livre important dans la mesure où ses auteurs parviennent à prendre du recul, à établir les responsabilités de chacun des acteurs, et à mettre à mal certaines thèses tendancieuses voire carrément négationnistes.

On retiendra ainsi la contribution particulièrement intéressante du président de SOS RACISME Dominique Sopo qui analyse limpidement la manière dont la colonisation a apporté avec elle des distinctions raciales, en vogue à l'époque en Europe, pour les calquer sur les rapports sociaux propres au Rwanda, où coexistaient les cultivateurs (les Hutus) et les éleveurs (les Tutsis).

 

Ou encore celle de Frédéric Encel qui analyse, avec brio, la manière dont le gouvernement tutsi post-génocide a géré politiquement cet épisode dramatique.

Le géopolitologue présente également les manières différentes dont les gouvernements arménien, israélien et rwandais ont « instrumentalisé » la mémoire du génocide.

 

C'est donc un livre qu'il est nécessaire de lire, un ouvrage qui se veut une pierre à l'édifice qu'il faut élever pour permettre le dialogue des mémoires, des communautés, des peuples.

                                                                                         

SN, juillet 2007.


par stevenadjar publié dans : Quelques bouquins à conseiller...
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