Les semaines passent au Moyen-Orient et la question du nucléaire iranien continu d’agiter les diplomaties du monde.
Pour certains, les semaines passent sans aucun doute, mais surtout le temps presse. C’est l’avis bien sûr d’Israël, des Etats-Unis mais aussi de la France. Lors de ses différentes rencontres à Moscou, Paris puis Londres ces dernières semaines, Ehoud Olmert a porté le même message à ses interlocuteurs : l’Iran doit être sanctionné encore plus gravement car Mahmoud Ahmadinejad refuse de mettre fin à son enrichissement d’uranium.
On peut bien sûr envisager de nouvelles sanctions économiques. Mais il semble que pour Olmert, le fait que la Russie, la Chine et même l’Allemagne continuent à commercer avec Téhéran malgré les sanctions déjà existantes ait prouvé l’échec de telles mesures à suspendre le programme nucléaire iranien. L’éventualité d’un conflit militaire est désormais dans toutes les têtes, israéliennes, américaines, mais aussi françaises comme l’ont attesté les récentes déclarations de Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner à ce sujet.
Les prochains mois risquent donc d’être décisifs dans la mesure où il semble très improbable qu’une guerre soit entamée trop près dans le temps des élections américaines de l’hiver 2008/2009.

Pour les Russes comme pour le directeur de l’Agence internationale de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) Mohamed El-Baradei, les semaines passent mais rien ne presse bien au contraire. El-Baradei, fier de son accord signé avec les Iraniens le 21 août dernier, assure qu’il faut faire confiance à Téhéran et lui laisser du temps. A Moscou, Vladimir Poutine continue lui à manier la carotte et le bâton face à Mahmoud Ahmadinejad. D’un côté, il affirme à qui veut l’entendre que l’Iran a droit à l’énergie nucléaire. Mais de l’autre, il a reporté une nouvelle fois, la semaine dernière, la signature d’un contrat capital avec l’Iran. Cet accord prévoyait la mise en activité définitive du réacteur nucléaire de Bushehr. Pour Poutine donc, l’Iran a droit au nucléaire civil, mais il est préférable que pour quelques années encore, l’Etat perse patiente encore.
Dans cette course contre la montre, quelle est la position de l’Iran ? C’est là que les bouleversements de ces derniers jours semblent être les plus intéressants. On a en effet appris le 20 octobre dernier que le négociateur iranien sur la question nucléaire, le fameux Ari Larijani, avait démissionné de son poste pour être remplacé par un certain Saïd Jalili, proche de Mahmoud Ahmadinejad. Un tel changement est loin d’être anecdotique. Il révèle que le président iranien a choisi la voie de la radicalisation et de l’affrontement.
Ari Larijani a toujours en effet été considéré comme un véritable diplomate, très exigeant certes, mais capable de trouver un compromis acceptable pour toutes les parties. Larijani serait ainsi favorable à ce que l’Iran poursuive le développement de son programme nucléaire, mais sans néanmoins produire concrètement une bombe atomique.
Crainte israélo-américaine d’un côté, attentisme russe de l’autre face à un Iran en proie à la radicalisation ; les prochaines semaines nous diront comme évoluera cette délicate et si dangereuse question nucléaire.
SN, 25 octobre 2007
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