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Jeudi 18 décembre 2008

Un mois après l'élection triomphale de Barack Obama, les observateurs scrutent chacune des décisions et des déclarations du nouveau président des Etats-Unis pour tenter de définir ce que sera la prochaine politique américaine au Moyen-Orient.

Ainsi, les nominations d'Hillary Clinton au poste de Secrétaire d'Etat, c'est à dire de ministre des Affaires étrangères, du général James L. Jones comme nouveau conseiller à la Sécurité, et de Daniel Kurtzer comme envoyé spécial du président au Moyen-Orient, ont semblé indiquer que Barack Obama n'allait pas négligé de porter son attention sur le conflit israélo-palestinien.

Certes, le nouveau président qui débute son mandat le 20 janvier prochain, n'a pas évoqué le conflit israélo-palestinien lors de son interview dimanche dernier sur la chaîne de télévision américaine NBC, qui portait notamment sur les questions diplomatiques (la priorité allant à la sortie d'Irak et au renforcement de la présence en Afghanistan). Mais en nommant Clinton, Jones et Kurtzer, Barack Obama s'entoure de trois personnes qui connaissent très bien le Proche-Orient et qui devraient s'investir dans la recherche d'un règlement de paix.

Il n'est pas nécessaire de revenir ici sur les liens qui unissent la famille Clinton à l'Etat hébreu; la dernière campagne pour l'investiture démocrate a d'ailleurs une nouvelle fois démontré l'attachement que porte la nouvelle Secrétaire d'Etat aux intérêts israéliens.

Plus intéressante peut-être est la décision de nommer le général Jones et Daniel Kurtzer. Le premier, ancien général passé par l'OTAN, avait été nommé par Condoleezza Rice au poste d'émissaire spécial en Israël et dans les territoires palestiniens, à la suite du lancement du processus d'Annapolis.

 Certains journaux s'étaient fait l'écho de son intention de déployer des soldats de l'OTAN dans les territoires palestiniens et de la rédaction d'un rapport confidentiel dans lequel il critiquerait sévèrement l'attitude de l'armée israélienne, deux positions qui auraient passablement irrité Jérusalem.
Quant à Daniel Kurtzer, dont nous vous avions parlé il y a quelques semaines, cet ancien ambassadeur américain en Israël est reconnu pour ses compétences et sa grande connaissance du dossier.


La politique d'Obama est-elle pour autant totalement définie?

Si les grandes lignes de la ligne diplomatique d'Obama semblent déjà  être fixées, de nombreux détails, et non des moindres, semblent être encore l'objet de discussions. Pour prendre l'exemple de l'Iran, lors de son interview sur NBC, Barack Obama s'est déclaré « désireux de leur parler directement et de leur donner un choix clair, et, in fine, de les laisser se déterminer par rapport à deux voies, la dure et la facile »

Il a également indiqué qu'il ne modifierait pas la « politique de la carotte et du bâton » pour inciter l'Iran à renoncer à ses activités nucléaires sensibles.

Dans cette période intermédiaire qui sépare l'élection de l'investiture comme président, de nombreux think tank, ces organisations composées de spécialistes cherchant à orienter les politiques des gouvernants,proposent des plans d'actions pour une « nouvelle politique américaine au Moyen-Orient ».

C'est le cas notamment de la prestigieuse Brookings Institution, basée à Washington, et au sein de laquelle les démocrates viennent souvent rechercher les membres de leur administration. La Sanban Center for Middle East Policy, centre d'études qui fait partie de la Brookings, a ainsi édité un ouvrage proposant « Une stratégie au Moyen-Orient pour le nouveau président ».

Concernant le conflit israélo-palestinien, les chercheurs Steeven Cook et Shibley Telhami conseillent à Obama de rompre avec la politique d'endiguement du Hamas chère à George Bush et d'oeuvrer pour une réconciliation nationale palestinienne. Cette contribution invite également le nouveau président à exiger des Israéliens le gel de la construction de nouveaux quartiers juifs en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, et de soutenir l'Initiative de paix la Ligue arabe de 2002.

Au sujet du nucléaire iranien, les auteurs, Suzanne Maloney et Ray Takeyh, proposent d'entamer des négociations directes avec le pouvoir iranien, de nommer un coordinateur pour les relanvestiture d'Obama, en janvier, de l'élection présidentielle iranienne de juin.

5 mois donc au cours desquels il est probable que le nouveau président démocrate présentera une série de propositions qui, sur bien des points, risque de trancher avec les positions défendues par l'administration Bush.

Par stevenadjar - Publié dans : Les Etats-Unis et le Moyen-Orient - Communauté : Relations Internationales
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Mercredi 10 décembre 2008

L'élection historique de Barack Obama représente sans aucun doute une rupture dans l'histoire des Etats-Unis, et probablement aussi un tournant dans les relations internationales. Obama porte en lui un vent d'espoir qui traverse les 4 coins du globe, persuadés que  le nouveau président saura apaiser les tensions qui agitent la planète, après huit années d'une ère Bush tant décriée.



Israël semble beaucoup moins touché par cette « Obamania »
et cela pour une raison principale. Non pas de peur que le président démocrate oblige les Israéliens à faire des concessions importantes  aux Palestiniens ou aux Syriens. En effet, Tzipi Livni, Ehoud Barak, s'ils parvenaient à remporter les prochaines élections législatives, sont semble-t-il prêts à faire les efforts nécessaires à la mise en place d'un accord avec Mahmoud Abbas et Bachar El Assad.

Et s'il est vrai que la population israélienne redoute que, par ses origines, mais aussi par sa prétendue et non moins fausse confession musulmane, Barack Hussein Obama soit tenté de soutenir les positions arabes face à leur pays,  les leaders politiques et militaires de l'Etat hébreu ne partagent pas ces angoisses populaires, et cela pour 3 raisons:


l.
D'abord parce qu' Obama a répété à plusieurs reprises lors de sa campagne que son pays demeurerait l'allié indéfectible d'Israël et qu'il s'est entouré de conseillers favorables à l'Etat hébreu, comme l'ancien ambassadeur américain en Israël, Daniel Kurtzer, le conseiller stratégique Dan Schapiro, ou encore bien sûr le nouveau Secrétaire général de la Maison blanche, Ram Emmanuel.


2.
Ensuite, parce que le Congrès américain, à majorité démocrate, défend et défendra largement les intérêts de Jérusalem au Proche-Orient.


3. Enfin, parce qu'englué dans une crise économique historique et dans une situation militaire très compliquée en Irak et en Afghanistan, Obama ne fera pas, en tout cas dans un premier temps, du règlement du conflit israélo-arabe une priorité.


La source d'inquiétude des dirigeants israéliens est liée à la position du nouveau chef d'Etat américain sur l'Iran. La question du nucléaire iranien constitue aujourd'hui le dossier prioritaire de la diplomatie israélienne. L'annonce par Barack Obama, au cours de sa campagne, de sa volonté de mener des discussions directes avec le président de la République islamique Mahmoud Ahmadinejad, sans poser de conditions préliminaires,  fait craindre la possibilité d'un prochain revirement de la position américaine sur le sujet.


D'ailleurs, l'Etat hébreu ne semble pas être le seul à s'inquiéter des projets d' Obama concernant l'Iran. Le quotidien israélien Haaretz révélait ainsi, quelques jours avant l'élection américaine, que Nicolas Sarkozy lui même craindrait les incertitudes que fait peser le changement à la Maison blanche sur le dossier iranien.

Selon le journal, le président français considérerait les vues défendues par son homologue américain comme je cite « complètement immatures ». Sarkozy redouterait aussi de voir le président américain rompre le front uni des 5 membres du Conseil de sécurité et de l'Allemagne, décidé à faire pression sur Mahmoud Ahmadinejad en multipliant les mesures de rétorsion économique.

Alors que le chef d'Etat français est l'un des plus vigoureux partisans d'un 4e round de sanctions au Conseil de sécurité, alors que les Russes et les Chinois semblent hésiter à accroître la pression sur l'Iran, la volonté affirmée par Barack Obama d'ouvrir des négociations sans pré-conditions avec Téhéran risquerait, selon l'Elysée, de rendre impossible toute pression capable de faire évoluer favorablement la politique nucléaire iranienne.


On voit donc que règne encore une certaine incertitude sur ce qui sera la nouvelle politique américaine devant le dossier iranien.
Barack Obama semble d'ailleurs être conscient de ces interrogations puisque lors de sa 1e conférence de presse en tant que président élu, il a déclaré que « la fabrication par l'Iran d'armes nucléaires était inacceptable » et que « de fortes sanctions étaient nécessaires pour accroître la pression sur le régime iranien ».


Il faudra donc attendre quelques semaines pour en savoir un peu plus sur la ligne qui sera définie par l'administration Obama et suivre le fameux adage américain, wait and see...

                                                                                                                         
SN, 10 novembre 2008

Par stevenadjar - Communauté : Relations Internationales
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Lundi 22 septembre 2008
 

C'est désormais officiel: le gouvernement Olmert n'est plus, après la démission présentée par le premier ministre israélien ce dimanche au président Shimon Peres. Pour autant, si la page Olmert est définitivement tournée, il reste encore beaucoup d'incertitudes sur celui ou celle qui sera aux commandes du pays dans les prochains mois et les prochaines années.


« Celui ou celle » parce qu'une femme pourrait bien devenir le prochain chef du gouvernement israélien, presque trente cinq ans après Golda Meïr.

Tsipi Livni a en effet été élue la semaine dernière chef du parti centriste KADIMA et aura certainement la tâche de former sous 40 jours un nouveau gouvernement soutenu par la majorité des députés de la Knesset.


La mission s'annonce très ardue pour l'ancienne ministre de la Justice et des Affaires étrangères dont la carrière politique a été, jusque-là, dépourvue d'impairs.



Cinq défis vont s'avancer vers la nouvelle dirigeante de Kadima:


1/ D'abord, bien sûr recueillir le soutien d'une majorité de parlementaires afin de former un gouvernement.
Les tractations ont déjà commencé. Le parti travailliste, celui des retaités ou encore la formation arabe israélienne devraient apporter leur soutien à Livni. On parle aussi du renfort du parti d'extrême gauche, le Merets ainsi que du parti du Judaïsme Unifié. Quant au Shas, son chef Elie Yishaï a formulé certaines exigences, principalement sur le versement de nouvelles aides sociales et sur le caractère indisible de la ville de Jérusalem, des exigences qui pourraient faire réflechir à deux fois Tsipi Livni.

Ce premier défi n'est pas des plus aisés et il est loin d'être certain que Livni réussisse à former un nouveau gouvernement dans le temps imparti. En tous les cas, si elle y parvenait, elle devra s'atteler à d'autres tâches, tout aussi complexes à résoudre.


2/ Elle devra d'abord réussir à réorganiser son parti, très divisé comme on l'a vu lors des dernières primaires. Elle devra faire taire les animosités et les rancoeurs nées de la bataille électorale au sein de Kadima contre Shaoul Mofaz, et cela afin de faire de son parti une machine de guerre propre à battre le Likoud de Benyamin Netanayou lors des prochaines élections législatives. Celles-ci pourraient en effet être organisées à la fin de l'hiver ou au début de printemps en cas d'échec de Livni à former un nouveau gouvernement.


3/ Toujours sur le plan intérieur, Tsipi Livni, qui a beaucoup axé sa campagne sur son honnêteté, ses « mains propres », devra essayer de reconquérir le coeur de citoyens, écoeurés par une classe politique corrompue et dévoyée. Et les récentes affaires Olmert, mais aussi Katsav, Ramon, Weizmman ont mis en avant des pratiques que la démocratie israélienne ne saurait tolérer. Cette démocratie, dont la capacité d'auto-critique est exceptionnelle, a besoin d'être réformée au niveau de ses institutions, de ses modes d'élection mais aussi de la pratique de ses élites politiques.


4/ Tsipi Livni devra par ailleurs montrer qu'elle est une véritable chef d'Etat, qu'elle est capable de prendre des décisions essentielles, dans de très délais, et qui engagent l'avenir de ses concitoyens. En effet, le poste de premier ministre est bien différent de celui de ministre des affaires étrangères. Et celle que beaucoup appelle « Tsipi », comme on disait hier « Golda », devra démontrer son sang froid, sa capacité d'analyse et son sens des responsabilités.


5/ Enfin, la nouvelle leader de Kadima devra se positionner, davantage qu'elle ne l'a fait dans le passé, sur les dossiers de politique étrangère et de défense.
Souhaite-t-elle ainsi marcher dans les pas d'Ehoud Olmert concernant les Palestiniens? Acceptera-t-elle de faire des concessions lourdes sur Jérusalem, ou les réfugiés palestiniens?

S'engagera-t-elle dans des négociations, qui s'annoncent très compliquées, avec le président syrien Bachar el Assad? Se décidera-t-elle à se séparer du Golan?


Enfin, dossier capital, quelle sera sa politique face à l'Iran? Les observateurs estiment que sur ce dossier, tout se jouera dans les prochains 18 mois. Israël choisira-t-il la voie de la force, en attaquant les installations nucléaires iraniennes? Dans ce cas là, pourrait-il s'appuyer sur un soutien américain qui est loin d'être acquis aujourd'hui?

Ou, à l'inverse, Tsipi Livni choisira-t-elle d'attendre et de laisser encore leur chance aux sanctions diplomatiques?


Dans ce contexte géopolitique très difficile pour l'Etat d'Israël, le prochain premier ministre, qu'il se nomme Tsipi Livni, Benyamin Netanayou ou Ehoud Barak, cet homme ou cette femme aura sur sa table de travail un nombre de dossier requérant des décisions lourdes, probablement les plus délicates à prendre depuis la création de l'Etat il y a soixante ans.

 

Par stevenadjar - Publié dans : Vie politique israélienne
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Lundi 22 septembre 2008
Il y a sept ans, jour pour jour, les Etats-Unis étaient frappés pour la première fois sur leur territoire par le terrorisme international.

Un cycle s'achevait dans l'histoire des relations internationales, celui qui avait vu l'Amérique dominer le monde, depuis la chute de l'Union soviétique en 1991. Désormais, Washington devait affronter un nouvel ennemi, le terrorisme islamiste, dont les portes drapeaux étaient Al Qaida et Oussama Ben Laden.

En effet, si la date du 11 septembre 2001 résonne dans nos esprits comme le souvenir terrible de la chute des 2 tours du World Trade Center, cette date marque aussi le début de la guerre contre le terrorisme menée par les Etats-Unis et plus globalement les pays occidentaux et leurs alliés dans le monde.


Le 1e théâtre de cette guerre a été bien évidemment l'Afghanistan. L'opération «Liberté immuable » menée par les troupes américano-britanniques est parvenue, en tout cas dans un premier temps, à chasser les talibans afghans et leurs alliés d'al-Qaïda. 7 ans plus tard pourtant, et ces dernières semaines nous l'ont dramatiquement prouvé, on ne peut que constater le relatif échec des troupes de l'OTAN à vaincre les insurgés talibans et les djihadistes en Afghanistan.


La situation peut surprendre: comment les Etats-Unis, 1e puissance politique, économique et militaire du monde, ne parviennent-ils pas à gagner cette guerre en Afghanistan?
En fait, on peut relever 3 causes principales à cette incapacité des troupes de l'OTAN à chasser les talibans:


1/ Premièrement, la stratégie militaire et politique des Américains.

Bien sûr, la 1e étape de la guerre, celle qui consistait à chasser du pouvoir les talibans, a été menée à bien, notamment grâce à de très lourdes frappes aériennes contre les têtes du mouvement taliban et d'Al Qaida.
Le problème est que la 1e étape est toujours suivie par une seconde, peut-être beaucoup plus difficile, celle qui doit s'assurer que les talibans ne reprendront plus le pouvoir. Or, les frappes américano-britanniques puis otaniennes ont causé beaucoup de dégats humains et matériels dans la population civile. Et les afghans sont de plus en plus agacés par cette présence étrangère qui soutient le pouvoir terriblement corrompu d'Hamid Karzaï.

Des afghans, pas forcément favorables au départ aux thèses djihadistes, viennent ainsi renforcer le mouvement taliban qui profite de l'exacerbation des tensions, et s'appuie sur le financement que lui assure le renouveau de la production d'opium.



2/ 2e cause importante, le manque de moyens militaires.
La guerre d'Irak, commencée en 2003, qui était présentée par Washington, comme le prolongement de la guerre contre le terrorisme, eh bien cette guerre a nécessité énormément de soldats, d'argents et d'armes.
Ce sont ces moyens qui ont manqué en Afghanistan.
Les stratéges militaires et politiques américains l'ont d'ailleurs bien saisis. Et c'est à la lumière de cette situation qu'il faut comprendre la décision annoncée en début de semaine par Georges Bush de redéployer des soldats américains présents en Irak vers l'Afghanistan.


3/ Enfin la dernière cause des difficultés en Afghanistan se trouve chez son voisin, le Pakistan.



La zone tribale, à la frontière des deux pays, est probablement le centre le plus important du terrorisme islamiste international. Il est fort probable que les pricipaux dirigeants d'Al Qaida, et notamment Ben Laden, se trouvent dans cette zone géographique à partir de laquelle s'organise ce qu'ils nomment "la résistance aux Satans américain et israélien".

Le dernier président pakistanais Pervez Musharraf, qui était devenu l'allié contraint et forcé des Etats-Unis en 2001, n'a jamais fait les efforts nécessaires à la décapitation de ces forces extrémistes. Les Etats-Unis, qui craignent de voir ce pays détenteur de la bombe nucléaire tomber entre les mains de fanatiques religieux, ont donc préféré depuis 2001 de ne pas se confronter véritablement aux problèmes au Pakistan. C'est une erreur car c'est là que se joue une partie de l'avenir du monde.


A la lecture de ce bilan, il en ressort que, sept ans après le 11 septembre 2001, la guerre contre le terrorisme islamiste a encore, malheureusement encore, de beaux jours devant elle.

 


 

Par stevenadjar - Publié dans : Guerre contre le terrorisme
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Lundi 22 septembre 2008

Nicolas Sarkozy a achevé ce jeudi 4 septembre sa visite de deux jours en Syrie. L'objectif de ce voyage était triple pour le président français:

1/ D'une part, encourager les Syriens à faire des concessions sur les dossiers israélien et libanais;
2/ D'autre part, éloigner Damas de son allié iranien;
3/ Enfin, renforcer l'influence de la France et de l'Europe au Moyen-Orient
.



-Sur le dossier libanais, Nicolas Sarkozy a semblé satisfait des progrès réalisés par son homologue syrien. Bachar el Assad avait accueilli le mois dernier à Damas le nouveau président libanais Michel Sleimane. Et certains espèrent que le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays aura lieu avant la fin de l'année.


-Concernant l'Iran par contre, Damas continue de soutenir les projets nucléaires de Mahmoud Ahmadinejad. Bachar el Assad a ainsi exprimé l'idée que ce programme nucléaire n'avait qu'une finalité civile et ne devait poser par conséquent aucun problème à la communauté internationale.
Le président Sarkozy, qui a une nouvelle fois rappelé le danger que constituerait une arme nucléaire iranienne, peine donc à éloigner la Syrie d'un partenaire stratégique comme l'Iran. Il faut en effet se rappeler que Damas s'appuie sur les mannes financières et les armes militaires que lui envoie Téhéran.

Et c'est probablement la tâche la plus complexe pour Nicolas Sarkozy et plus globalement les Occidentaux: comment réussir à briser un partenariat stratégique qui permet à la Syrie d'échapper à l'isolemennt dont elle est l'objet depuis l'assassinat du 1e ministre libanais Rafic Hariri en février 2005?


-Sur le dossier israélo-syrien, la présence de Nicolas Sarkozy n'a évidemment pas permis d'avancer sensiblement.  Ces deux derniers jours ont nénanmoins contribué à y voir un peu plus clair des coulisses de ces négociations et du déroulement des prochaines étapes.
Il semble ainsi tout à fait improbable que l'on avance rapidement dans ce dossier dans les deux prochains mois, et cela pour deux raisons:

1) D'abord, parce que le 1e ministre israélien est démissionnaire et que son successeur sera en poste au plus tôt à la fin du mois d'octobre. Des politologues israéliens considèrent même comme tout à fait crédible l'hypothèse d'un maintien d'Ehoud Olmert à son poste jusqu'au début du printemps, si aucun de ses concurrents ne parvenait à former une majorité parlementaire durable.

J'ajoute que le chef de cabinet d'Ehoud Olmert, Yoram Turbowicz, qui était chargé depuis deux ans de missions diplomatiques de première importance, a quitté son poste dernièrement. C'est d'ailleurs  la raison pour laquelle les Israéliens ont demandé à ce que l'on reporte la prochaine étape des discussions indirectes.

2) La seconde raison qui justifie que les négociations traînent en longueur c'est bien sûr la prochaine élection présidentielle américaine. George W. Bush est désormais hors-jeu et son successeur ne prendra en main le dossier qu'au milieu de l'hiver.


Si les Etats-Unis semblent donc pour l'heure un peu en retrait, d'autres puissances font preuve d'un activisme remarquable (au sens premier du terme): la Turquie, le Qatar et donc la France.
Ses trois pays ont

d'ailleurs été réunis jeudi 4 septembre, en compagnie de l'hôte syrien, à une réunion informelle mais non moins révélatrice de l'influence de ces trois Etats dans ces négociations.

Commençons par la Turquie. Ankara se présente comme le partenaire incontournable de ces négociations. Les diplomates turcs jouent en effet un rôle de médiateur dans ces discussions indirectes. Bachar el Assad a ainsi remis aujourd'hui aux Turcs des proprositions à transmettre aux Israéliens. Damas attend les contre-propositions de Jérusalem avant d'entamer éventuellement des pourparlers direct.

 

Le second pays actif dans ces négociations est le Qatar. L'émirat, dirigé par le cheikh Hamad Ben Khlaifa Al-Thani, a grandement contribué au rapprochement franco-syrien.

Après avoir joué un rôle important dans la libération des otages libyens puis dans le règlement des affaires interlibanaises lors de la Conférence de Doha en mai dernier, le Qatar fait preuve d'un activisme qui provoque la colère de l'Arabie Saoudite. Celle-ci craint en effet la concurrence de cet émirat immensément riche en pétrole et beaucoup plus proche de la Syrie que ne l'est le roi saoudien Abdallah.


Dernier acteur de ce trio diplomatique, la France. Nicolas Sarkozy a décidé, depuis sa prise de pouvoir, de faire évoluer la position française sur la Syrie que défendait jusque-là avec vigueur Jacques Chirac.
Du côté français, c'en est probablement fini de l'isolement de la Syrie et Paris semble vouloir mettre entre paranthèses les résolutions de l'ONU condamnant l'interventionnisme syrien au Liban.

La détermination de Nicolas Sarkozy agace Washington, pas réélement convaincu des efforts de Bachar el Assad. Le pari français est effectivement des plus osés.

Par stevenadjar - Publié dans : La France et le Moyen-Orient
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