Un mois après l'élection triomphale de Barack Obama, les observateurs scrutent chacune des décisions et des déclarations du nouveau président des Etats-Unis pour tenter de définir ce que sera la prochaine politique américaine au Moyen-Orient.
Ainsi, les nominations d'Hillary Clinton au poste de Secrétaire d'Etat, c'est à dire de ministre des Affaires étrangères, du général James L. Jones comme nouveau conseiller à la Sécurité, et de Daniel Kurtzer comme envoyé spécial du président au Moyen-Orient, ont semblé indiquer que Barack Obama n'allait pas négligé de porter son attention sur le conflit israélo-palestinien.
Certes, le nouveau président qui débute son mandat le 20 janvier prochain, n'a pas évoqué le conflit
israélo-palestinien lors de son interview dimanche dernier sur la chaîne de télévision américaine NBC, qui portait notamment sur les questions diplomatiques (la priorité allant à la sortie d'Irak
et au renforcement de la présence en Afghanistan). Mais en nommant Clinton, Jones et Kurtzer, Barack Obama s'entoure de trois personnes qui connaissent très bien le Proche-Orient et qui devraient
s'investir dans la recherche d'un règlement de paix.
Il n'est pas nécessaire de revenir ici sur les liens qui unissent la famille Clinton à l'Etat hébreu; la dernière campagne pour l'investiture démocrate a d'ailleurs une nouvelle fois démontré
l'attachement que porte la nouvelle Secrétaire d'Etat aux intérêts israéliens.
Plus intéressante peut-être est la décision de nommer le général Jones et Daniel Kurtzer. Le premier, ancien
général passé par l'OTAN, avait été nommé par Condoleezza Rice au poste d'émissaire spécial en Israël et dans les territoires palestiniens, à la suite du lancement du processus d'Annapolis.

Certains journaux s'étaient fait l'écho de son intention de déployer des soldats de l'OTAN dans les territoires palestiniens et de la rédaction d'un rapport confidentiel dans lequel il
critiquerait sévèrement l'attitude de l'armée israélienne, deux positions qui auraient passablement irrité Jérusalem.
Quant à Daniel Kurtzer, dont nous vous avions parlé il y a quelques semaines, cet ancien ambassadeur américain en Israël est reconnu pour ses compétences et sa grande connaissance du
dossier.

La politique d'Obama est-elle pour autant totalement définie?
Si les grandes lignes de la ligne diplomatique d'Obama
semblent déjà être fixées, de nombreux détails, et non des moindres, semblent être encore l'objet de discussions. Pour prendre l'exemple de l'Iran, lors de son interview sur NBC, Barack
Obama s'est déclaré « désireux de leur parler directement et de leur donner un choix clair, et, in fine, de les laisser se déterminer par rapport à deux voies, la dure et la
facile »
Il a également indiqué qu'il ne modifierait pas la « politique de la carotte et du bâton » pour inciter l'Iran à renoncer à ses activités nucléaires sensibles.
Dans cette période intermédiaire qui sépare l'élection de l'investiture comme président, de nombreux think tank, ces organisations composées de spécialistes cherchant à orienter les politiques des gouvernants,proposent des plans d'actions pour une « nouvelle politique américaine au Moyen-Orient ».
C'est le cas notamment de la prestigieuse Brookings Institution, basée à Washington, et au sein de laquelle les démocrates viennent souvent rechercher les membres de leur administration. La Sanban Center for Middle East Policy, centre d'études qui fait partie de la Brookings, a ainsi édité un ouvrage proposant « Une stratégie au Moyen-Orient pour le nouveau président ».
Concernant le conflit israélo-palestinien, les chercheurs Steeven Cook et Shibley Telhami conseillent à Obama de rompre avec la politique d'endiguement du Hamas chère à George Bush et d'oeuvrer pour une réconciliation nationale palestinienne. Cette contribution invite également le nouveau président à exiger des Israéliens le gel de la construction de nouveaux quartiers juifs en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, et de soutenir l'Initiative de paix la Ligue arabe de 2002.
Au sujet du nucléaire iranien, les auteurs, Suzanne Maloney et Ray Takeyh, proposent d'entamer des négociations directes avec le pouvoir iranien, de nommer un coordinateur pour les relanvestiture d'Obama, en janvier, de l'élection présidentielle iranienne de juin.
5 mois donc au cours desquels il est probable que le nouveau président démocrate présentera une série de propositions qui, sur bien des points, risque de trancher avec les positions défendues par l'administration Bush.
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